Vous vendez ou achetez un bien immobilier et vous vous interrogez sur la répartition de la taxe foncière l’année de la transaction ? Légalement, c’est le propriétaire au 1er janvier qui reste redevable de la totalité de la taxe, même si le bien change de mains en cours d’année. Toutefois, dans les faits, un partage au prorata entre vendeur et acquéreur est très fréquemment négocié dans le compromis de vente. Ce guide vous explique comment fonctionne cette répartition, quelles clauses prévoir dans l’acte, et comment éviter les désaccords une fois la vente conclue.
Règles légales sur la taxe foncière lors d’une vente immobilière

La répartition de la taxe foncière en cas de vente repose sur un principe fiscal clair, mais souvent mal compris. Ce principe ne correspond pas toujours à ce qui est pratiqué entre les parties lors d’une transaction.
Comment la loi détermine le redevable légal de la taxe foncière annuelle
En matière fiscale, la taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l’année d’imposition. Peu importe que le bien soit vendu le 15 mars ou le 20 novembre : aux yeux de l’administration, seul le vendeur est redevable de l’intégralité du montant pour toute l’année. Cette règle est fixée par l’article 1415 du Code général des impôts et ne souffre d’aucune exception. Si la vente intervient en février, le vendeur devra donc s’acquitter de la taxe foncière pour les douze mois, même s’il n’a été propriétaire que durant quelques semaines.
Pourquoi parle-t-on de répartition au prorata entre vendeur et acquéreur
Dans la pratique, il serait injuste que le vendeur supporte seul une taxe qui couvre une période pendant laquelle l’acquéreur occupe déjà le bien. C’est pourquoi un partage au prorata temporis est couramment négocié : chaque partie prend en charge la taxe pour la période durant laquelle elle détient effectivement le bien. Par exemple, si la vente est conclue le 1er août, le vendeur paie la taxe de janvier à juillet (7 mois) et l’acquéreur d’août à décembre (5 mois). Ce mécanisme reste purement contractuel : il n’engage que les deux parties et n’a aucune valeur pour l’administration fiscale, qui continuera de réclamer l’intégralité au vendeur.
Qui paye la taxe foncière en cas de vente d’un bien loué
Lorsque le bien est occupé par un locataire, le raisonnement reste identique : c’est toujours le propriétaire au 1er janvier qui est redevable de la taxe foncière. Le locataire n’est jamais directement concerné par cette taxe, sauf disposition particulière dans un bail commercial où certaines charges peuvent être refacturées. En revanche, la présence d’un locataire n’empêche pas le vendeur et l’acquéreur de prévoir un partage au prorata dans l’acte de vente. Le changement de propriétaire en cours d’année n’affecte en rien la responsabilité fiscale initiale du vendeur envers le Trésor public.
Modalités de partage et clauses fréquentes dans les actes de vente

Au-delà du principe légal, c’est le contenu du compromis et de l’acte authentique qui organise concrètement le paiement de la taxe foncière. Voici comment les parties peuvent sécuriser cette répartition.
Comment se calcule concrètement un prorata de taxe foncière entre parties
Le calcul du prorata repose sur le nombre de jours de détention du bien durant l’année civile. Prenons un exemple concret : vous vendez votre maison le 1er juillet 2025, et la taxe foncière annuelle s’élève à 1 200 euros. Le vendeur a détenu le bien 181 jours (du 1er janvier au 30 juin), l’acquéreur 184 jours (du 1er juillet au 31 décembre). Le calcul se fait ainsi :
| Partie | Nombre de jours | Montant à payer |
|---|---|---|
| Vendeur | 181 jours | 595 € |
| Acquéreur | 184 jours | 605 € |
Ce calcul est généralement effectué par le notaire au moment de la signature de l’acte authentique, puis régularisé à réception de l’avis d’imposition si le montant définitif diffère de l’estimation.
Clauses types sur la taxe foncière que l’on retrouve dans les compromis
Les compromis de vente prévoient habituellement une clause stipulant que le vendeur règle l’intégralité de la taxe foncière à réception de l’avis, puis refacture au prorata la part correspondant à la période de détention de l’acquéreur. Voici les formulations les plus courantes :
- Clause de régularisation ultérieure : le vendeur paie la taxe, puis l’acquéreur lui rembourse sa quote-part sous 30 jours
- Clause d’ajustement sur le prix : le montant estimé de la taxe est directement déduit ou ajouté au prix de vente le jour de la signature
- Clause de remboursement immédiat : l’acquéreur verse au notaire un provision qui sera reversée au vendeur dès réception de l’avis
Le notaire adapte la rédaction selon les usages locaux et les souhaits des parties. L’essentiel est que la clause soit explicite sur le mode de calcul et les délais de régularisation.
Comment gérer la taxe foncière lorsque la vente intervient en fin d’année
Si la vente est signée en novembre ou décembre, deux situations peuvent se présenter. Soit l’avis de taxe foncière a déjà été émis et payé par le vendeur : dans ce cas, l’acquéreur rembourse au vendeur le prorata correspondant aux quelques semaines restantes, souvent directement chez le notaire. Soit l’avis n’est pas encore arrivé : les parties conviennent alors d’une régularisation en début d’année suivante, sur la base du montant réel. Cette seconde option nécessite un minimum de confiance et suppose de conserver les coordonnées de l’autre partie pour faciliter l’échange. Le notaire peut proposer de conserver une provision sur son compte CARPA pour sécuriser cette régularisation différée.
Cas particuliers, litiges fréquents et réponses aux questions courantes
Certaines situations sortent du cadre habituel et peuvent générer des incompréhensions. Voici les principaux cas particuliers et les réponses aux interrogations les plus fréquentes.
Que se passe-t-il si l’acte de vente ne mentionne rien sur la taxe foncière
En l’absence de clause spécifique dans le compromis ou l’acte authentique, on revient strictement au principe légal : le vendeur reste seul débiteur envers l’administration et supporte l’intégralité de la taxe foncière pour l’année. Il ne peut pas exiger a posteriori une participation de l’acquéreur, sauf accord amiable entre les parties. Cette situation illustre l’importance de relire attentivement les projets d’actes et de poser toutes vos questions au notaire avant la signature. Si vous découvrez l’oubli après coup, une solution amiable reste envisageable : un courrier recommandé précisant le calcul du prorata et une facture peuvent suffire, mais l’acquéreur n’est juridiquement pas tenu d’y donner suite.
Taxe foncière et vente en indivision ou succession : quelles particularités prévoir
En cas de succession ou d’indivision, la taxe foncière est due solidairement par l’ensemble des coïndivisaires ou héritiers au 1er janvier. Lors de la vente du bien indivis, le partage interne de la taxe entre héritiers dépend des quotes-parts de chacun et des accords conclus dans l’acte de partage ou le mandat de vente. Par exemple, si trois héritiers détiennent chacun un tiers du bien et vendent en juin, ils se répartissent d’abord entre eux les six premiers mois de taxe, puis refacturent à l’acquéreur la part correspondant aux six derniers mois. Il est fortement conseillé de formaliser cette double répartition dans un document signé par tous les coïndivisaires pour éviter des désaccords ultérieurs au sein de la famille.
Comment réagir en cas de désaccord sur une refacturation de taxe foncière
Les litiges naissent souvent lorsque l’acquéreur conteste le montant réclamé ou découvre tardivement une demande de remboursement non anticipée. La première étape consiste à relire ensemble le compromis et l’acte authentique pour vérifier les engagements exacts pris par chaque partie. Si une clause prévoyait un prorata, le vendeur est en droit de demander son application. En cas de blocage, le notaire peut jouer un rôle de médiation en rappelant les termes contractuels et en proposant un calcul détaillé. À défaut d’accord, un recours devant le tribunal judiciaire reste possible, même si les montants en jeu sont parfois modestes et rendent la procédure peu proportionnée. Dans tous les cas, privilégiez le dialogue et la transparence pour désamorcer rapidement la situation.
Bonnes pratiques pour anticiper et sécuriser le paiement de la taxe foncière
Anticiper la question de la taxe foncière dès le début du projet de vente évite bien des malentendus. Voici des réflexes simples à adopter pour sécuriser la transaction.
Les réflexes à avoir avant de signer le compromis de vente
Dès les premières discussions, demandez à consulter le dernier avis de taxe foncière pour connaître le montant annuel exact. Cette information permet d’estimer précisément le coût du prorata et d’éviter les mauvaises surprises. Évoquez clairement avec l’autre partie la question du partage : souhaitez-vous un ajustement sur le prix, une régularisation ultérieure, ou un versement immédiat chez le notaire ? Intégrez cette discussion dans les négociations initiales pour que la clause soit inscrite dès le compromis de vente. Cette transparence précoce réduit considérablement les risques de tensions au moment de la signature définitive.
Comment le notaire peut vous aider à clarifier la taxe foncière
Le notaire connaît les usages locaux et les pratiques courantes dans votre région. N’hésitez pas à lui demander des exemples chiffrés pour comprendre l’impact concret du prorata sur chacune des parties. Il peut vous proposer plusieurs rédactions de clauses et vous expliquer les avantages et inconvénients de chaque option : régularisation immédiate, différée, ou ajustement sur le prix. Son rôle est aussi de s’assurer que la clause respecte le droit fiscal et qu’elle est suffisamment précise pour éviter toute interprétation divergente. Si vous avez le moindre doute, sollicitez un rendez-vous spécifique pour aborder cette question avant la signature du compromis.
Points de contrôle à vérifier lors de la réception de l’avis de taxe foncière
Lorsque l’avis de taxe foncière arrive, généralement en septembre ou octobre, comparez immédiatement le montant avec l’estimation faite au moment de la vente. Si une régularisation était prévue dans l’acte, contactez rapidement l’autre partie pour convenir du calcul définitif. Formalisez l’échange au minimum par email ou courrier pour conserver une trace écrite du montant à régler et des modalités de paiement. En cas d’écart important avec l’estimation initiale (par exemple suite à une revalorisation cadastrale), vous pouvez solliciter l’avis du notaire pour arbitrer la situation et rappeler les engagements contractuels. N’attendez pas plusieurs mois pour régulariser : plus le temps passe, plus les désaccords risquent de s’installer.
En conclusion, bien que la loi désigne clairement le vendeur comme seul redevable de la taxe foncière pour l’année entière, la pratique notariale a instauré un usage équitable de partage au prorata. La clé d’une transaction sereine réside dans l’anticipation, la transparence et la rédaction d’une clause claire dès le compromis de vente. En vous appuyant sur l’expertise de votre notaire et en vérifiant soigneusement chaque étape, vous éviterez tout litige et garantirez une répartition juste de cette charge fiscale entre vendeur et acquéreur.
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